Les chiffres ne mentent pas. Le démarrage en salle de Valerian aux Etats-unis laissait présagé le flop retentissant compte tenu des moyens mis en oeuvre pour sa réalisation et ça n’a pas raté. Les deux raisons qui expliquent selon moi que Valerian n’aura pas le succès escompté sont:

1 – Ça manque de méchants.

Bien formaté que nous sommes par les franchises US et leur vision manichéenne, on se dit dès qu’il y a héros, il y a anti-héros. Redoutable, effrayant, obsédé par l’idée de détruire le monde, pourquoi on ne sait pas trop, mais bon faut bien qu’Iron Man se défoule sur quelqu’un – ne vous y trompez pas des Avengers, Tony reste mon préféré. Le soucis dans Valérian c’est qu’il y a bien un méchant mais comparé aux nombreux dangers possibles et imaginables dans l’immensité des galaxies et des systèmes solaires il parait « petit ». Si bien que quelqu’un en quittant la salle, orphelin de son grand méchant loup, commentait :  » il n’y a pas vraiment d’histoire en fait ». Bon à sa décharge, c’était un gamin biberonné au sensationnalisme de Loki, Thanos et autres Joker. Eh oui, compliqué de se passionner pour… hé non pas de spoil! 

2- Une piqûre d’adré à mi-parcours n’aurait pas fait de mal docteur.

Si notre futur adolescent acnéique et boudeur a trouvé que le film n’avait pas vraiment d’histoire, il y a été poussé par notre ami Luc qui nous en met plein la vue niveau effets spéciaux avec son univers futuriste coloré mais qui se relâche un peu niveau scénario au fil des minutes. Tout part très bien, on a de l’insouciance, de la joie, du bonheur qui se heurtent de plein fouet à la guerre, à la destruction et au désespoir. On est dedans, on enchaîne, mission compliquée pour Laureline et Valérian, tête à tête avec un vilain, on suppose l’opposition à venir. Vengeance ? Avidité ? Corruption ? On hésite, ça se précise. Rebondissements ? On espère le climax et on stagne… sans s’en rendre compte on glisse doucement au fond de notre fauteuil. Attention ! On ne s’ennuie pas – quoi que – mais ça manque un peu de cohérence tout ça. Même la mort d’un personnage anecdotique pour nous arracher une larme- qu’il ne mérite pas– ne suffit pas. Arrivé en zone hostile, le récit repart mais c’est trop tard.

Allez quand même le voir !

Entendons nous bien, bien qu’il soit loin d’être le block-buster annoncé par ses 200 millions de buget, Valérian reste un film sympa n’en déplaise aux critiques américaines. Sûrement fâchées de voir une super production française marcher sur leurs plate-bandes – évidemment le film souffre de la comparaison Avatar, Gardien de la galaxie etc. Les personnages sont attachants et bien travaillés, la relation Valérian/ Laureline apporte une petite dose comique qui ne fait jamais de mal. En somme Valérian et la cité des milles planètes vaut la peine d’être vu à condition de le prendre pour ce qu’il est et de ne pas en espérer un potentiel concurrent à Star Wars qui joue clairement dans une autre catégorie.

Mathieu, un mec à qui on a rien demandé mais qui donne son avis quand même.

 

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