Il faut être honnête, moi aussi, j’ai participé à l’hystérie collective autour de LCDP que j’ai presque hissée au rang de chef d’œuvre en la gratifiant de l’adjectif « excellent » qui une fois le buzz retombé et mes esprits retrouvés me semble très généreux. [Leslie: Car après tout ce n’est qu’un mélange d’Inside Man et de la trilogie Ocean’s, format serial plus épuré, façon authentique à l’européenne. Les américains ont tout fait – oui – donc maintenant le spectateur recherche de l’exotisme et l’exotisme est devenu tout ce qui n’est pas US mais cela n’est pas gage de qualité.]. Alors que les théories et les supputations sur le contenu de la saison 3 vont bon train, je dois vous confier que je doute que cette saison à venir soit un succès.

 

Mea culpa.

D’abord je dois m’excuser, trop excité que j’étais, je n’ai pas pris le temps de prendre du recul par rapport à la série avant d’écrire mon premier article sur le sujet, ce qui se ressent fortement tant il est vide – oui l’auto-critique fait également partie de mes compétences. Je n’ai donc pas pu vous relever que la 2ème saison perdait fortement en qualité au niveau du scénario. Les événements s’enchaînant de plus en plus rapidement, la narration s’est perdue peu à peu dans un engrenage scénaristique qui veut nous en mettre plein la vue jusqu’à mener à des incohérences et à un finish plus que moyen – personne ne sait donc conclure une série, en ce bas monde ?! Tokyo et Rio dont l’identité est connue de tous s’échappent comme si le périmètre n’était pas bouclé par la police, l’inspectrice qui aide les voleurs n’est pas inquiétée et file chez elle pénard et enfin cette scène ridicule de retrouvailles « totalement fortuite » – Erf (ceux qui ont regardé la saison 2, comprennent sûrement de quoi je parle).

Dans la première saison ce qui nous tient en haleine c’est la préparation méticuleuse du professeur toujours en contrôle (chaque fois que l’on pense que les policiers gagnent du terrain, on se rend compte qu’ils ne font que s’enfoncer un peu plus dans son piège) qui s’oppose frontalement aux caractères explosifs des autres membres de l’équipe. Les épisodes se succèdent et on se demande quand leur plan si bien ficelé va déraper. Quand c’est finalement le cas – parce que forcément ça devait arriver – le scénario prend soudainement une dose de stéroïdes coupée au Red Bull. Tout semble s’enchaîner un peu vite : les tensions latentes finissent par exploser et on part en impro totale pour tomber malheureusement dans le sensationnalisme si fréquent dans les séries US. On perd en cohérence au profit de l’action et le dénouement arrive au bout d’une course effrénée durant laquelle on oublie de se questionner, pressé de connaitre la fin.

Bon ceci étant dit, je ne retourne pas complètement ma veste – ce n’est pas mon genre, voyons – oui, j’ai bien aimé La Casa De Papel, surtout la saison 1, et je vous conseille de la regarder car tout n’est pas à jeter, loin de là. Cette équipe de super malfrats menée à la baguette par un binoclard pacifiste vaut bien quelques « heures » de votre temps. Mais si jusqu’à présent vous aviez résisté à la pression collective et que vous vous décidez enfin, ne vous attendez pas à une série « excellente » mais plutôt à une bonne série comparable à un bon plat de pâtes à la bolognaise dans un pseudo restaurant italien. Ce n’est pas aussi bon qu’à Bologne mais c’est meilleur que si on l’avait fait soit même.

Pourquoi ?

Mes fautes étant enfin expiées je peux maintenant parler du sujet qui fâche: la saison 3 à venir. Vu comment la fin de la saison 2 a été bâclée, vous comprendrez que je sois perplexe à l’idée de voir débarquer une troisième saison qui n’était pas prévue. Surpris eux-mêmes de l’engouement autour de la série, les créateurs se sont emballés et ont succombé aux sirènes du succès que je critiquais dans mon article sur Grey’s Anatomy et Shonda Rhimes qui ne sait pas s’arrêter. Une suite ? Un préquel ? Les discussions s’animent et on se demande tous comment il pourrait bien nous pondre une autre saison tant la pertinence de  son existence est douteuse. Malgré les interrogations laissées en suspens lors du dernier épisode, une suite qui n’apporterait que les réponses à ces questions serait bien légère et j’ai peur que dans une tentative désespérée de donner du contenu ils partent dans tous les sens. La vraie surprise serait une saison sur les origines de chaque membre de la #teamgéographie et plus précisément sur le professeur avec une immersion dans son esprit complexe pour mieux comprendre tous les préparatifs du recrutement de ses gaillards en salopette. A savoir si l’histoire de Moscou, d’Helsinki ou d’Oslo passionnera autant que celle de Tokyo ou Berlin. Évidemment, il est également envisageable que les scénaristes, revanchards, ayant une révélation après un but d’un joueur de la Roja en pleine coupe du monde – référence footballistique obligée qui n’a rien à faire dans cet article effectivement – nous sortent un twist magistral qui nous laisserait sur le cul et m’obligerais à écrire un autre article où je me flagellerais d’avoir osé douter de nos voisins mangeurs de paella. Mais en attendant, comme Descartes, je doute de tout et j’attends de voir car, à l’instar de Saint-Thomas, je ne crois que ce que je vois.

Mathieu, un critique repentant et dubitatif.

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