Le film d’horreur n’est pas mon genre de prédilection, un genre qui perd franchement en qualité depuis quelques années à cause des franchises (Conjuring, Insidious, Annabelle, Paranormal Activity…) – la cupidité des studios conduirait-elle toujours au dédale ? Les 1er voire 2ème volets sont réussis mais les suites sont bien souvent calamiteuses, et cela vaut pour tous les genres. Mais dans Hérédité la performance des acteurs est à couper le souffle.

On en revient au film d’horreur – non à une attraction à sensation forte – avec une histoire et une narration qui se noue et se dénoue, des conflits, des retournements de situation et des enjeux. Hérédité, c’est la renaissance de Rosemary’s baby ou de L’exorciste qui ont révolutionné, dans les années 70, le film d’horreur. Il installe une ambiance qui se replie littéralement sur nous et une évolution de l’état psychologique des personnages avec un jeu d’acteur d’une justesse qui légitime tout le dispositif. C’est lourd, pesant, étouffant et haletant. Les quatre acteurs sont géniaux !

La mise en scène est originale et intelligente: le rapport qui s’installe entre la maison miniature et la vraie est très subtil et, par des plans consécutifs, montre que les personnages sont des figurines prises au piège d’une force (démoniaque) qui les oppresse avant de finir par prendre possession d’eux. On ressent l’oppression psychologique des personnages dans les mutismes – du silence il n’y en a pas car il y a toujours de la musique ou des bruits troublants comme celui que fait Charlie – jusqu’à l’exultation dans des scènes très intenses, et la longueur des plans qui ne sont pas coupés à juste titre pour restituer la tension et l’émotion. C’est d’abord une possession mentale, et les acteurs Toni Colette et Alex Wolff incarnent avec brio ce mal qui les ronge dans leurs pensées – le diable s’infiltre toujours d’abord dans la tête avant que les conséquences de cette irruption ne soient physiques. La mise en scène se tient quasi tout du long. Les plans sont pensés et travaillés : les nombreux plans larges où tous les personnages sont réunis parce qu’il s’agit justement d’une affaire héréditaire portent toute la tension.

Ben Hérédité, ça parle de quoi ?

1er film de son réalisateur Ari Aster, il s’agit d’un carnage de famille, les Graham. Quand Ellen, la grand-mère voire la matriarche, décède, Annie (la fille de celle-ci), son époux Steve et ses enfants Peter et Charlie Graham vont découvrir des secrets terrifiants sur la lignée familiale. Une hérédité sacrificielle à laquelle il leur sera impossible d’échapper.

CONCLUSION

On est happé par ce film sans issue de sortie jusqu’au dénouement final un peu moyen, je dois le dire. J’aurais nettement préféré qu’il ne clôture pas dans le gore et reste subtil car, après avoir travaillé la psychologie des personnages, le dispositif final réfute lui-même le climat de la possession qu’il a installé pendant plus d’1h40 en faveur du pittoresque.

Je lui attribue la note de 7/10, à titre purement personnel, et vous conseille de le voir si ce n’est pas déjà fait pour les acteurs, surtout pour les acteurs, qui offrent une performance d’une force émotionnelle d’une grande qualité.

Leslie.


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